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Après le minitel et France Télécom, ce sont les télécartes qui disparaissent

Après la disparition du minitel l’année dernière rudement mis à l’épreuve par Internet et la disparition de France Télécom remplacé par Orange, c’est à un autre objet de la l’opérateur téléphonique de tirer sa révérence. Sa fin est annoncée prochainement. S’en est fini des cartes prépayées pour cabines téléphoniques.  Orange n’en vendra plus à partir du 14 avril 2014.

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La Télécarte est un dispositif de pré-paiement de télécommunications basé sur une carte en plastique PVC, le plus souvent de type carte à puce, servant de support technologique et pouvant tenir dans un porte-feuille. Elle est apparue largement en Europe vers la fin des années 1970, pour proposer une alternative commode au paiement en monnaie dans les cabines téléphoniques publiques, sujettes au vandalisme. Les cartes de téléphone comportent toutes une valeur faciale (pouvant aller jusqu’à 15-20 Euros) et leur fabrication nécessite donc des dispositions très strictes en termes de sécurité et de qualité pour éviter toute fraude et limiter les réclamations des utilisateurs.

Les Télécartes sont émises par des opérateurs publics de téléphonie puis plus récemment, elle a pu prendre la forme de carte prépayée, émise par des sociétés privées et dont l’utilisation se fait par la numérotation d’un code secret (PIN). Elle est toujours au format carte de crédit et rapidement elle est devenue un support publicitaire.

C’est en 1984 qu’elle a fait son apparition en France.  En 1986 elle a été employée comme support publicitaire. Rapidement elle a été recherchée par les télécartophiles. Ces collectionneurs de télécartes recherchent sans cesse la perle rare tout comme leur cousin le numismate recherche les pièces et le philatéliste examine attentivement les timbres postaux. Les télécartes se distinguent en fonction de leur visuel, mais également en fonction de leur tirage, de leur date d’édition (ou de réédition) et de leur puce. Certains modèles édités en série très limités peuvent avoir des valeurs marchandes très élevées. C’est également le cas des cartes présentant des défauts ou des erreurs.

Le coupable de cette disparition annoncée est indiscutablement la téléphonie mobile. Cette technologie se démocratisant à grands pas a rendu les cabines téléphoniques rapidement obsolètes. En 10 ans leur utilisation a chuté de 90%. Elles coûtent aujourd’hui plus qu’elles ne rapportent surtout si l’on prend en compte les multiples dégradations dont elles sont victimes. Les fameuses ‘télécartes’, dont les ventes se sont effondrées, étaient au départ le seul moyen de pouvoir accéder à un téléphone lorsque l’on était en mobilité. Maintenant, les cabines téléphoniques ne servent quasiment plus. La plupart du temps, elles ne servent qu’à décorer le paysage urbain voire à être reconverties en poubelles improvisées.

Le début de la fin pour les cartes prépayées avait commencé avec le Bi-Bop.  Il s’agissait d’un premier modèle de téléphonie mobile: le téléphone 1G !  Pour accéder au réseau il fallait rester immobile dans un rayon d’action assez serré autour de l’antenne. Ces antennes étaient disséminées dans les villes pilotes qu’étaient Paris, Lille et Strasbourg ainsi que leurs banlieues.

Elles étaient repérables par une pancarte ou un bandeau horizontal composé de 3 couleurs: bleu, blanc et vert. Ces bandes colorées étaient disposées sur les mobiliers urbains ou encore les conduits de gouttières pour indiquer la présence des antennes.  0n peut encore fréquemment voir ces signalisations car toutes ces marques n’ont pas été enlevées.

Le Bi-Bop fait également partie du passé. L’arrêt de la commercialisation du Bi-Bop décidé en 1996 a vu son réseau fermer à la fin de l’année 1997.  Il a été la première victime de la téléphonie mobile utilisant la norme GSM.

Pour en revenir aux télécartes sachez que les distributeurs, comme les bureaux de tabac, pourront encore les commercialiser jusqu’en 2016.  Cela leur permettra d’écouler les stocks. Avis donc aux collectionneurs!

La disparition des télécartes ne sonnera pas le glas de la présence des cabines téléphoniques dans nos rues pour autant. Il y en a encore plus de 100.000 en France.  Il n’y a pas de certitudes qu’elles soient toutes en état de fonctionnement optimal. On pourra toujours les utiliser grâce au “ticket téléphone”, qui est une carte prépayée avec code PIN. Certaines acceptent également les cartes bleus ou les pièces de monnaies.

Si ce n’est pas encore la fin des cabines téléphoniques même si elles sont clairement en voie d’extinction. Entre 1997 et aujourd’hui, plus de 60 % d’entre elles ont disparu. Mais, il faut savoir qu’en ce qui concerne les cabines téléphoniques en France, également appelé Publiphones dans le jargon de l’ex-administration des Postes et des télécommunications, la loi prévoit l’existence d’une cabine téléphonique par commune et d’une seconde cabine pour les communes de plus de 1000 habitants. Les nostalgiques seront rassurés de savoir que l’on devrait donc toujours croiser ces reliquats de l’ère pré portables dans nos rues.

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