Ma première année de vélotaf14 minute(s) de lecture

Les écoles vont pouvoir rouvrir, les boutiques non essentielles également. Les tables du restaurant vont pouvoir se dresser exceptionnellement sur l’espace publique avant de permettre aux clients de pouvoir manger en intérieur. Souvenez-vous il y a un an, on commençait à nous parler de déconfinement. C’est un peu comme en ce moment finalement… Il y a un an j’aspirais à un mode de déplacement maison / travail plus agréable me permettant de ne pas être entassé dans les transports en communs parisiens. J’ai donc découvert le monde du vélotaf. Un a après je ne regrette rien. Si la Covid a mis en application accéléré le télétravail, elle a également fait exploser une nouvelle espèce de travailleur : le vélotaffeur.

Le vélotaf en complément du télétravail

Parmi tous les chamboulements que la Covid a induits dans nos sociétés, on retrouve les 2 bouleversements suivants : le télétravail et le vélotaf. Le premier permet aux gens de ne pas se rendre physiquement au travail en acceptant que les tâches soient réalisées depuis son foyer. Pour bon nombre d’entreprises il s’agit d’un nouveau mode de travail qui a été mis en place de manière forcée. Il a été plus ou moins facile à être mis en œuvre en fonction du travail à réaliser et de la mentalité des dirigeants.

Le second bouleversement induit par la pandémie, le vélotaf, ne retient plus le travailleur chez lui, mais lui apporte la liberté de se déplacer où il veut et quand il veut. Il est libéré des bouchons, des temps de trajets aléatoires et des aléas des transports en commun. Fini les transports en commun bondés en période de pointe. Terminé de se retrouver en voiture dans les bouchons qui vont avec dans les villes. Le vélotaf, comme son nom l’indique permet est le principe ancien et peu extraordinaire de se rentre au travail à vélo, ce mode de locomotion tout aussi personnel, mais bien moins volumineux que la voiture ou le scooter et moins polluant.

Le trajet à vélo facilité à Paris grâce à Géovélo

Mon trajet maison / bureau se résume aux temps de trajets suivants :

  • 1h30 à pied
  • 25-30 minutes à vélo
  • 45 minutes en transport en commun (s’il n’y a pas de problèmes sur la ligne…)
  • +1h en voiture (si embouteillages…)

Lors du premier déconfinement, l’idée de devoir reprendre les transports en communs ne m’enchantait guère. L’idée d’être enfermé dans une rame de métro ou une voiture de train dans une promiscuité d’une fin de journée d’été ne m’enchantait pas plus que ça. En temps normal ce n’est pas toujours une partie de plaisir en période de covid non plus. Inutile d’y espérer des distanciations sociales. Aller au travail à pied est faisable, mais pas très réaliste au quotidien. Si 1 h 30 de marche (aller et la même chose au retour) me ferait le plus grand bien, cela n’est pas très réaliste ni compatible avec mon emploi du temps de parent et de travailleur. C’est à ce moment que l’actualité a fait remonter de vieux souvenirs de libertés en proposant les images des pistes cyclables temporaires qui poussaient sur Paris et la proche banlieue. Le vélo qui renaissait en ville revenait également dans ma vie.

Ado, le vélo était pour moi une manière de m’évader au sans propre comme au figuré. Je n’en faisais pas à Paris, car j’avais la possibilité d’aller à pied à l’école. Les virées permettant de profiter d’agréables moments de liberté sur route et chemins se déroulaient exclusivement les weekends ou pendant les vacances. Un cambriolage a mis fin à ces échappées. Le vélo subtilisé semble avoir été utilisé pour transporter les biens volés. Il n’a pas été remplacé. Je ne sais plus trop pourquoi et je suis passé à d’autres loisirs.

Tout a commencé un joli mois de mai… déconfiné…

Le déclic des aménagements nouveaux

La lutte contre la Covid a permis à de nombreuses villes telles Paris et d’autres aux alentours de gagner 5 à 10 ans sur les implémentations d’infrastructures cyclables. Les décisions ont été actées et les budgets ont été accordés en un temps record. Aucun cycliste ne va s’en plaindre : ni ceux qui s’aventuraient dans la folie urbaine depuis de nombreuses années ni les nouveaux venus à bicyclette. Les coronapistes ont vu le jour un peu partout pour permettre aux gens de rejoindre leurs lieux de travail en délaissant les voitures personnelles ou les transports en commun. Ces pistes temporaires, dont certaines n’ont été qu’éphémères, ont été réalisées avec plus ou moins de bonheur. Je ne vais pas trop m’étaler sur ce point. Aussi imparfaite soient-elles, la naissance de ces fragiles infrastructures m’ont fait franchir le cap. Je devins vélotafeur comme bon nombre d’autres franciliens à ce moment-là.

L’une des meilleures vues de La Défense c’est peut-être à vélo.

Habitant près de La Défense et travaillant près du Parc Monceau j’avais maintenant la possibilité d’emprunter le boulevard circulaire de La Défense sur une voie protégée puis d’emprunter le pont de Neuilly toujours en sécurité, protégé des engins motorisés par des séparateurs en béton. Les contre-allées d’une avenue très passante me permettent de rejoindre la Porte Maillot. Sur le rond-point un tunnel m’extirpe de la route pour me remettre plus loin sur les pavés montant vers la place de l’Étoile. Au pied de l’Arc de Triomphe je bifurque à gauche pour rejoindre le Parc Monceau…

Rues, pavés, autoroutes urbains, pistes chaotiques, tunnels, le chemin cyclable n’était pas parfait (il ne l’est toujours pas) mais le tracé protecteur avait le mérite d’exister. Sans coronapistes, je n’aurais peut-être jamais été au travail à vélo. Une fois arrivé sur place, je pouvais également compter sur un autre aménagement important. Je pouvais dorénavant profiter à destination sur le fait que mon employeur avait réquisitionné 2 place de voitures dans le parking automobile en sous sol pour y installer des arceaux pour les collaborateurs venant à vélos. Pour descendre au sous-sol on pouvait emprunter un ascenseur pouvant accueillir 2 cyclistes et leurs montures. Pendant ma journée de travail, le vélo ne séjournerait donc pas sur le trottoir attaché à une grille ou un mobilier urbain. Il pouvait séjourner dans ce parking avec une sécurisation appréciée. Je n’avais plus trop d’excuses en fait pour ne pas reprendre le vélo… Sauf peut être… que je n’avais pas de vélo.

Choisir sa monture… et son équipement

L’idée d’arriver au travail en sueur ne m’enchantait pas plus que cela. Je n’ai pas été insensible aux arguments du vélo à assistance électrique qui vous promet de ne pas arriver au travail en nage. Je dois reconnaitre qu’il est plutôt bon cet argument. J’ai pu tester le VAE lors des canicules du mois d’août. L’assistance électrique est efficace sur ce point. On se laisserait même imaginer que le vent que l’on crée en se déplaçant est une petite clim naturelle. Et comme le vélo se faufile dans les embouteillages on est toujours en déplacement. Il faut certes faire tomber la veste de costume pour rouler la chemise au vent. À d’autres occasions, il faut plutôt penser à prendre avec soi des vêtements de pluie au moindre doute. Le pantalon de pluie protège bien surtout s’il intègre la protection des chaussures. S’équiper correctement est un gage de succès du vélotaf.

Le Véligo est une bonne manière de tester le vélo quotidien sur Paris et sa région

Le vélo électrique a un coût. Il y a tous les prix du côté des VAE. N’ayant pas forcément envie d’investir sans avoir testé un minimum les implications des déplacements cyclables urbains dans la Capitale au gré des saisons, le Véligo a été une bonne solution pour “tester” ce mode de déplacement remis au goût du jour. Pour moins de 50€ (location + assurances) par mois, j’ai pu mettre à l’épreuve pendant 9 mois ce mode de mobilité. Le service de location de vélo électrique de la région Île-de-France est une superbe solution pour cela.

En période de déconfinement, je n’étais pas le seul à avoir eu cette idée de faire appel à ce service. J’ai dû patienter 10 semaines pour pouvoir recevoir un Véligo. J’ai pu aller le chercher dans un point de retrait à côté de la maison que début août. Sitôt reçu, sitôt enfourché. Je n’ai plus mis les pieds dans le train de banlieue depuis.

Et maintenant, en piste!

Au mois d’août Paris se vide de ses habitants et se remplit de touristes. Le trafic routier est bien plus amical. J’ai profité de la faible présence de voitures de cet été pour m’habituer au déplacement urbain à vélo. Une ville vidée de ses voitures, c’est l’idéal pour trouver le meilleur chemin pour aller au travail et pour revenir à la maison. Mon trajet n’est sûrement pas le plus court ni le plus rapide. C’est aujourd’hui celui qui combine au mieux la rapidité, la sécurité et le plaisir de rouler à vélo. Il évoluera surement en fonction des futurs aménagements et de la pérennisation des infrastructures !

En remontant en selle j’ai pu constater qu’en ville, les cyclistes ne sont pas naturellement les bienvenus. Il faut se déplacer dans un milieu hostile et se méfier des voitures, des camions, des bus, des scooters, des piétons et… des cyclistes. Tout ce beau petit monde semble oublier que la rue ne leur appartient pas personnellement et qu’il faut apprendre à partager, à s’accepter et à se respecter. Petite pensée au propriétaire du 4×4 qui a foncé sur moi le troisième jour en m’obligeant à monter sur le trottoir pour ne pas être écrasé tout en me reprochant d’avoir pris une petite rue à sens unique. Il s”est senti tout con, lui qui donnait des leçons de code de la route de ne pas avoir identifié le “sauf vélo”. Les choses changent et les certitudes doivent pouvoir être remise en cause.

Un changement d’habitudes

Je me rends compte que mes propres habitudes aussi ont changé. C’est bête, mais en voiture, lorsque je dois maintenant doubler un vélo, je laisse plus de place entre lui et la carrosserie. Je me suis rendu compte de ce que veut dire distance de sécurité pour un cycliste. Maintenant lorsque je me déplace à pied, je tourne la tête des 2 côtés avant de traverser (même s’il s’agit d’une rue à sens unique). Un vélo ça ne s’entend pas forcément… Toujours à pied, lorsque je dois patienter que le feu devienne vert pour les piétons, je le fais le plus possible sur le trottoir : même pressé, inutile de descendre sur la route et de bloquer une éventuelle piste cyclable….

De mon côté, terminé les lectures tranquilles dans le transilien. À vélo, il faut être réveillé depuis le premier coup de pédale si l’on veut arriver sain et sauf à bon port. Comme derrière le volant, il faut sans cesse anticiper. Il faut apprendre à respecter les angles morts des bus et des camions. Il ne faut résister à la tentation de suivre les cyclistes qui vous doublent alors que vous êtes au feu rouge. Il faut garder son sang froid pour ne pas réagir au scooter qui vous klaxonne parce que vous n’allez pas assez vite à son goût sur SA piste cyclable…. Croyez-moi, la jungle de la route s’exprime pleinement lorsque vous n’êtes “qu’à” vélo.

Le cycliste apprend rapidement à reconnaitre ces panneaux

De côté de la santé, un peu d’exercice quand on a un travail sédentaire ne fait pas de mal. Même si le pédalage est assisté par le moteur, il faut toujours pédaler pour avancer. Faire 15 km par jours, 5 jours par semaine, les premiers temps sont assez fatigants. À la petite fatigue physique des premiers jours se cumule la tension nerveuse de naviguer dans le flot routier parisien. Après quelques jours, on reste alerte, mais l’appréhension du trajet laisse place au plaisir de rouler à son rythme. Le matin, c’est un bon moyen pour arriver au travail bien réveillé. Le soir, c’est un bon moyen de faire une coupure entre la journée de travail et la soirée à la maison. Un petit moment d’exercice qui vous permet de rester en forme tout en vous libérant l’esprit. Le corps apprécie et la tête se détend.

Ce n’est qu’un début

Ces 9 derniers mois, je n’ai certes pas fait autant de vélo que je le pensais et que je le souhaitais. Entre les confinements et le télétravail, le vélo est resté trop souvent au garage. J’ai pu cependant tester la solution sous la chaleur de l’été, les pluies de l’automne et le froid de l’hiver. Je n’ai rien identifié de rédhibitoire. Bon, j’avoue, je préfère rouler quand il ne pleut pas. Et ce, pas uniquement parce que je porte des lunettes. J’ai pu vérifier l’adage du cycliste qui dit qu’il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais équipements. Une chose est certaine : j’ai la chance de ne pas avoir un long chemin à faire. Je n’ai pas à porter ce super poncho fluo trop longtemps lorsqu’il pleut. L’équipement efficace n’est pas un défilé de mode. Si votre lieu de travail vous le permet vous pouvez aussi vous permettre d’arriver trempé et de vous changer une fois sur place, c’est une autre technique.

Et maintenant ? Maintenant que la “période d’essai de vélotaf” permise par la location d’un Véligo en Île-de-France est terminée, j’ai dû me résigner à rendre le vélo samedi dernier. Clin d’œil du calendrier, c’était le 1er mai, jour de la fête du travail. Ce fut une belle manière de se remettre en selle et de vérifier si le trajet travail / maison pouvait être un agréable moment à vélo. Tout n’est pas rose dans ce mode de transport mais, à mon avis, il y a plus de point positifs que de points négatifs. Il me faut maintenant acheter mon vélo à assistance électrique, car j’aurais du mal à revenir dans les transports en commun…Si vous avez des conseils et des modèles de vélos en tête ou d’équipements indispensables n’hésitez pas à partager votre avis et vos bons plans ! J’ai encore tout à découvrir !

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