Internet of Things : la (r)évolution des objets communicants9 minute(s) de lecture

Question : Dans les différentes lectures sur Internet lorsque je fais des recherches concernant la façon d’interconnecter les objets communicants entre eux, je suis souvent confronté souvent à un terme  : Internet of Things.

Début de réponse : Internet of Things… IoT… Qu’est-ce donc?  Est-ce une révolution qui va changer notre vie ou une évolution de notre mode de vie? 

Présentation

Une traduction possible de Internet of Things est l’Internet des Objets.  C’est un peu réducteur.  J’ai tendance à préférer l’Internet des Choses.  C’est une autre traduction que l’on retrouve également sur les sites en langue de Molière.

L’Internet des Choses n’est pas une technologie mais un concept.

L’Internet des Machines

Internet tout le monde connaît.  C’est aujourd’hui un réseau mondial interconnectant des serveurs, des routeurs, des switchs, des PC , des Mac, des smartphones…. La première étape de cette construction était la mise en place de câbles, de  protocoles, d’architectures et des règles pour que les ordinateurs (au sens large) puissent discuter ensemble. 

C’est l’Internet des Machines.  Les machines peuvent discuter et interagir entre elles! C’est bien.

L’Internet des Personnes

Les échanges sont alors rendus possibles et facilités par cette normalisation nécessaire.  Les gens ont commencé à vouloir échanger des informations via différents supports : les sites web statiques, les sites web dynamiques, les blogs, les mails, les tweets.  Les informations étaient de différentes natures: écrits, images, sons, vidéos.  De la production à la mise en ligne on est passé du différé au temps réel.  Les personnes se sont regroupées par centre d’intérêts sur les newsgroups, les forums de discutions, les chats, les réseaux sociaux… 

C’est l’Internet des Personnes.  Les personnes peuvent discuter et interagir entre elles!  C’est mieux.

L’Internet des Choses

Si vous prenez maintenant le pull que vous avez acheté mercredi lors du premier jours des soldes.  Il a un code barre sur l’étiquette qui lui est rattaché.  C’est classique.  Il permet à la caisse d’en connaître le prix et au stock d’être mis à jour.  Il peut également avoir un système d’antivol cousu sur une étiquette en tissu à l’intérieur.  C’est une puce RFID qui est discrètement “désactivée” par le travail de la caissière et qui  fait sonner le portique à la sortie du magasin si vous êtes en train de voler cet article.  En cas de vol, le vigile intervient alors et les caméras de surveillances se braquent sur vous. 

On peut dire que le pull a fait sonner un portique et a fait bouger les caméras pour les braquer sur vous.  Le pull communique en fonction de votre attitude soit avec une caisse enregistreuse et le stock soit avec un portique et avec une caméra… Si maintenant vous me croyez quand je vous dit que les choses peuvent discuter et interagir ensemble via un réseau informatique, c’est que vous percevez ce qu’est l’Internet des Choses (ou des objets comme vous voudrez).

C’est l’Internet des Choses.  Les personnes peuvent discuter et interagir entre elles! C’est… intrigant!

Comment ça marche?

L’identification

Avec l’exemple du pull on voit clairement que chaque chose doit être identifiée de manière unique pour être reconnue.  Pour agir avec la caisse c’est le code barre qui est la carte d’identité.  Pour le portique c’est la puce RFID qui est le passeport vers l’extérieur. 

Dans l’Internet de Choses ce code peut être par exemple un code EPC (Electronic Product Code), le fameux code dans la puce RFID et le code Barre pour le pull. Cela peut être tout simplement une adresse IP comme c’est le cas de la caméra de surveillance.  En ce qui concerne les codes EPC ils ne sont pas sortis d’un chapeau magique.  Un organisme les gère au niveau mondial, le GS1

En ce qui concerne les adresses IP, la norme actuelle IPV4 arrive à ses limites.  Il n’y a plus assez d’adresses IP pour les machines.  Il est alors impossible d’allouer des adresses IP a tous les objets.  La mise en place de IPV6 apportera une réponse et est un prérequis à l’affectation d’adresses IP aux Choses.

La reconnaissance

Pour être reconnu il faut un lecteur pour lire cette pièce d’identité.  Dans notre exemple un lecteur de code barre ou un lecteur RFID.  

Le référencement

La machine qui reçoit la pièce d’identité de l’Objet doit pouvoir se référer à un catalogue pour savoir s’il s’agit bien d’un article du magasin par exemple.

Le pull est référencé dans un ONS (Object Naming Service) qui est construit sur la base des DNS (Domain Name Server) connus dans le monde Internet.  Il existe un ONS au sein du magasin en question mais également un qui est mondial et qui couvre les ONS locaux.  Il est géré par VeriSign, comme le sont les nom de domaines en .com par exemple.

Les intéractions

En programmation certains programmes ont la capacité de s’ouvrir aux autres selon des protocoles simples pour dialoguer avec d’autres programmes.  Grâce aux identifiants, aux capteurs que pourront avoir les objets, n’importe quelle chose pourra donner à la demande des informations sur son état et recevoir des ordres. 

Les interactions entre objets dépendent des contraintes et des besoins.  L’imagination est alors la seule limite. 

Les mises en œuvre

L’exemple du pull met en évidence un exemple de mise en œuvre sans pour autant être bien représentatif du mot “Internet” dans “Internet of Things”.  L’internet peut être mieux perçu si l’achat du pull déclenche une mise à jour du stock dans le système central à l’autre bout de la France et déclenche une commande directe au fournisseur dès que ce stock arrive en dessous un certain nombre d’articles.  L’internet des objets est déjà une réalité dans la logistique, la production et la gestion des stocks.

Les grands acteurs sont déjà dans l’aventure d’autre émergent :

– La RATP permet d’avoir sur les arrêts de bus l’horaire de passage du prochain bus.  C’est simplement grâce au fait que le bus est identifié et localisé par ses coordonnées GPS.  La station est identifiée et reçoit les mise à jour des prochains passages.

– Votre voiture peut également faire en sorte que votre compte en banque soit débité automatiquement en fin de mois en fonction des trajets effectués.  Cela est mis en œuvre par l’utilisation du service Liber-T.  Un boîtier qui, embarqué dans votre voiture, permet de vous identifier et de prélever votre compte en fonction des passages dans tel ou tel aire de péage.  Le tout sans contact et de plus en plus sans arrêt de la voiture.

– IBM est plus que présent dans toutes les problématiques de logistique et de traçabilité

– Google veut rendre les appareils de la maison communicants grâce à Android@Home.  Tout cela via leur interconnexion via Internet.  Un géant du moteur de recherche qui propose des technologies pour interconnecter les Choses… cela sème des impressions positives et/ou négatives dans l’imagination!

– il est possible de récupérer des informations de capteurs de température, d’hygrométrie mais aussi de radiation en connectant votre système sur tout objet Internet dont la donnée est centralisée par des sites comme pachube.com.  Tous ces capteurs disséminés partout dans le monde communiquent selon les mêmes modalités. A ce jour en France il y en a moins d’une dizaine… Pour suivre la radiation en temps réel à Fukushima il n’y a qu’a suivre le lien.

– les réalisations à base d’Arduino sont de bons exemples d’objets communicants dans le sens de l’Internet des Objets.

– en domotique l’implémentation du protocole XPL permet de faire discuter des capteurs, des actionneur très différents de manière standardisé.  Le réseau informatique de la maison véhicule alors les relevés des sondes et les ordres aux actionneurs.

– toujours en domotique, vous pouvez agir sur votre maison à distance via votre smartphone connecté à Internet. 

– pour terminer les exemples il est aujourd’hui possible qu’un objet muni d’une puce RFID puisse armer/désarmer une alarme ou tout simplement allumer une lampe.  Il suffit pour cela par exemple de coupler le serveur domotique Zibase avec le lapin communicant Karotz via une application à installer tout simplement sur votre lapin communicant!

La normalisation du concept

Afin de tenter de normer et d’outiller ces échange entre objets ou choses, des groupes de réflexions internationaux planchent afin de définir un cadre de fonctionnement le plus standard possible:

– Les géants Cisco, Sun, SAP, EDF, NXP,…  voient un réel intérêt pour objets intelligents.  Leur action se porte sur la promotion de l’utilisation exclusive de l’IP. L’alliance IPSO a été créée en ce sens avec pour objectif de mettre en place tout le nécessaire en termes d’interfaces et de protocoles pour que n’importe quelle chose puisse accéder à l’Internet des Choses.  Cela se concrétise par la réalisation de la part de NXP d’ampoules électriques d’ampoules électriques pilotables via leur adresse IP.

– L’UE mène des études concernant  l’Internet des Choses.

– Plusieurs projets Européens de définition sont en cours en parallèle:

Dans le rôle de coordination on trouve le European Research Cluster on the Internet of Things (IERC).  Cet organisme a pour but de coordonner la convergence des actions en cours.

– …

Pour terminer

Ce qui pourrait être perçu comme révolutionnaire, est le fait que tous les objets reliés par internet sont à même de communiquer sans intervention humaine.  Pour ceux qui s’intéressent à la domotique aux “Nouvelles Technologies” cela n’a rien d’extraordinaire: ça existe déjà.  Pour ces derniers également et les autres la notion de protocole unique ou de mise en oeuvre uniformisée sont de doux rêves. Ce qui est très interessant c’est l’ampleur des démarches des entreprises et des gouvernements pour faire aboutir les discussions à des normes communes pour une interaction d’une chose avec n’importe quelle autre chose.  C’est un enjeu économique majeur qui se joue.

La où il faut être vigilant c’est que l’interconnexion des objets sur internet argumente leur vulnérabilité et leur prédisposition à des attaques ou tentatives d’intrusion, de piratage ou de détournement…  

Si la sécurité n’est pas au rendez-vous, si la confiance dans l’utilisation d’un objet internet n’est pas présente, si la traçabilité des objets n’implique pas celle des individus qui les possèdent… si… si… si…  il n’y aura pas de soucis pour adopter ce concept. 

En cas de soucis on sera vite rappelé à la réalité des … choses.

Quelques lectures:

OCDE : Le futur de l’économie Internet

Wikipedia : L’internet de Objets

 AFNOR : L’internet des choses en voie de codifications

France Télécom : La vision de France Télécom sur “l’Internet des choses”

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